Ne laissez jamais votre moral descendre trop bas

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Chers professeurs, chers élèves,

Votre corps, depuis sa profondeur ultime jusqu’à sa surface (c’est-à-dire jusque-là où votre regard éclaire votre visage) et votre conscience, depuis son imaginaire le plus subtil jusqu’à la rude rationalité, sont en permanence en train d’échanger.

Ils se rejettent pour pouvoir s’isoler l’un de l’autre afin que, séparés, ils soient capables de produire, pour l’un la pulsion de vie, pour l’autre la pensée. Ils se contiennent réciproquement pour maintenir votre unité et ainsi, vous garder en vie.

Si l’un des deux s’effondre, c’est-à-dire si le niveau d’énergie baisse trop, il entraîne l’autre dans sa chute. Inversement, si le niveau d’énergie s’élève dans l’un, il tire l’autre vers le haut. Nous avons le choix : ou bien ils se détruisent ou bien ils se construisent réciproquement. Le conflit normal entre eux doit être maintenu en équilibre. La rupture de cet équilibre, comme pour toute relation, déclenche la violence et donc la destruction.

Ce qui fait l’humain, ce qui le différencie des autres espèces, ce n’est pas seulement sa capacité d’adaptation, c’est ce qu’elle devient grâce à son imagination. Le propre de l’homme, c’est son imagination. Quand nous pouvons nous projeter dans l’avenir, quand nous sommes à même de penser notre propre évolution et avec elle, la transformation du monde, alors tout va bien. Le mental est plein d’énergie. La conscience doit être spatiotemporalisée pour fonctionner. La restriction de liberté due au confinement est bien sûr une restriction de l’espace dans lequel nous vivons mais elle est vécue intérieurement comme une diminution de l’espace conscientiel. Alors, il n’y a plus d’espace pour l’envol conscientiel, les horizons sont trop bas. Le risque de chute du niveau d’énergie du mental est bien réel.

Notre imagination est le fer de lance de notre conscience. Il met tout le reste en mouvement.

Comme un corps ruiné par une pathologie ou une blessure peut détruire tout espoir et tout désir, un mental effondré peut entraîner tout l’être y compris son corps dans sa chute.

Heureusement, nous avons le pouvoir de décider et la capacité de favoriser la contention et le développement par l’entraide. En tant qu’aikidoka, vous avez des outils qui vous permettent de mettre en place la règle du soutien réciproque. Faites monter l’énergie de votre corps et votre moral ira mieux.

Alors, pour qui ne connaît pas bien le kihon de suburi type Akamon, vous pouvez adopter ce programme simple et efficace pour garder ou retrouver le moral et « la pêche » :

Commencez par le kihon de kubi no undo et faites-le trois fois. Cela mettra votre corps et votre conscience en alerte.

Faites sayo otoshi cinq minutes. Orientez bien vos yeux en haut à l’opposé de la flexion. Cela va activer la montée d’énergie du secteur pulsionnel vers le secteur émotionnel.

Faites kokyu Ho trois minutes pour faire passer cette énergie au niveau conscient.

Ensuite, il est temps de renforcer la puissance des pulsions. Ritsuzen large et mouvement de pompe (augmentez la flexion puis relâchez sans sortir de la posture au rythme d’une fois en deux secondes) pour créer un appel d’énergie. Rappelez-vous : Kobayashi sensei disait : « L’énergie qui arrive dans notre corps provient d’une source intarissable. Plus on l’utilise, plus il en vient ». Faites cela pendant cinq minutes.

En posture pour koshi no undo, faites des séries de 9 koshi no undo à 30 degrés, 1 à fond, pendant cinq minutes.

Revenez-en seiza pour faire sayo otoshi 2 minutes, et terminez par kokyu ho 1 minute

Avec ce programme, pas de risque d’effondrement intérieur.

Si certains lecteurs de ce message ne comprennent pas les techniques proposées, demandez à des professeurs avertis.

Cognard Hanshi

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