L’appel du 25 juin

Traduzione italiana

 

Le covid a fait plus de dégât dans les esprits que dans les corps.

La dépression est une épidémie galopante. Dépression économique certes mais surtout, un effondrement collectif des idées et de l’estime de soi, une perte de vision de l’avenir, une absence de combativité.

Vous êtes des budoka. Le covid est un ennemi inattendu qui a mis notre société en état de siège. Enfermés chez vous, vous avez eu le temps de considérer que vous n’étiez pas invulnérables, mais ne le saviez-vous donc pas ?

Se croire invulnérable est le plus sûr moyen d’être le premier à mourir sur un champ de bataille.

Vous avez eu aussi le temps d’écouter la masse quotidienne d’informations contradictoires, les discours d’experts qui n’ont rien vu venir et rien fait, si ce n’est prononcer des malédictions et vous pouvez encore rêver du retour à la normale grâce au vaccin que l’on vous promet. Mais le covid 20 ne prendra pas l’avis des conseils scientifiques ni celui des laboratoires pour se développer.

Face à un ennemi, l’aikidoka se demande : qu’est-ce que cette agression signifie ? que voit mon attaquant en moi que je ne vois pas encore ? Que puis-je apprendre de cette attaque ?

Que nous a appris l’attaque du désormais fameux covid 19 ?

Que notre société est d’une fragilité extrême et qu’elle pourrait s’écrouler très vite.

Qu’il faut se faire une opinion personnelle à partir d’une réflexion de bon sens et ne pas ingurgiter du prêt-à-penser.

Qu’aucun conseil scientifique ou homme politique ne nous protégera de rien et que c’est à nous de le faire. Laissez les autres combattre à sa place est le plus sûr moyen de se trouver à découvert et vulnérable. Qu’il faut arrêter de croire que qui que ce soit est garant de votre sécurité ou de votre vie.

C’est à vous seul qu’il appartient d’assurer votre sécurité et celle de vos proches.

Notre santé dépend de nous et ni les médicaments, ni les médecins, ni les assurances ne la garantiront.

Que nous a appris le covid 19 ?

Que nos organisations aussi sont fragiles et que l’état de siège appelé confinement a mis à mal nos cours, nos stages, nos projets.

Mais, faisons le point ! Où en sommes-nous intérieurement ? Nous sommes des budoka et le covid n’a pas tué nos espoirs, notre enthousiasme, notre volonté de comprendre le monde et de l’améliorer. Nous sommes des budoka et savons accepter des blessures sans pour autant cesser de combattre. Aikidoka, nous considérons l’adversité comme une chance de nous renforcer. Et si nous faisions du covid un stimulateur de la conscience, un éveilleur de la pensée.

Le siège est levé ou en passe de l’être. La prochaine saison commence aujourd’hui. Inutile de pleurnicher sur ce que les choses auraient été si elles avaient été autrement. Après la bataille, on ne peut pas se contenter de compter les pertes. Il y a une grande opportunité qui s’ouvre après cette crise. La prise de conscience générale par la population de sa vulnérabilité a plongé un grand nombre de personnes dans la dépression mais, le temps passera et l’on accusera le coup. La réponse sera dès lors la recherche de moyens pour accroitre sa combativité. La tendance sera à l’autonomisation, le renforcement de l’identité individuelle et de la capacité à décider.

Le meilleur moyen de lutter contre les virus, c’est le renforcement de l’immunité. Et cela se fait en consolidant l’unité mental-corps, en ne laissant rien s’immiscer dans son corps par une faille qu’ouvrirait une faiblesse du mental. Et là, l’aikido Kobayashi et l’aikishintaiso sont des outils performants. Vous risquez d’être assaillis de demandes.

L’immunité concerne avant tout le mental. Je l’ai dit en préambule. L’épidémie la plus grave est la dépression, conséquence de la prise de conscience de notre vulnérabilité. Le renforcement de la conscience de soi passe par un autre équilibre que celui auquel le système a poussé les individus. La dépendance à l’altérité s’était généralisée. Tous les domaines de la vie quotidienne sont marqués par cette dépendance au système. Tous les besoins, nourriture, déplacement, soins, distraction, tout est dans les mains d’autre que soit. Parce que c’est dans l’autre que nous trouvons réponse à nos besoins, nos consciences sont envahies par l’altérité, et nous peinons à dire « je », à penser « je ». Je ne dis pas que chacun doit se mettre à cultiver son potager ou marcher à pied pour tous ses déplacements. Non, mais il y a un espace dans lequel il est possible de mettre plus de soi et moins d’autre. C’est dans sa conscience. Nous sommes doués de cette capacité extraordinaire de penser. Notre pensée conditionne nos décisions qui font notre vie.

Bien sûr, notre identité est partagée. Une partie provient des systèmes dont nous sommes issus mais nous sommes aussi des individus. Et ce qui le démontre, c’est la liberté de notre pensée. Dès maintenant, laissons les oiseaux de mauvais augure à leurs malédictions.

Construisons l’avenir de nos dojo et de nos élèves en considérant que ce virus, en nous obligeant à combattre, nous a conduit vers davantage de profondeur et encore plus d’autonomie. Notre pensée est notre force. Elle est au service de notre identité profonde, ce « je » inaltérable, irrépressible, incorruptible qui doit absolument rester incoercible et qui est le seul autorisé à penser en nous.

L’été est là. Il n’a pas craint le virus. Il est plein de promesse.

Gambatte kudasai.

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