Kobayashi Soshu No Meinichi – Cérémonie

Le 28 Août 2018 a marqué le vingtième anniversaire de la mort de Kobayashi Soshu. Au Kobayashi Ryu Aikido Hombu Dojo, créé en son honneur à Bourg Argental par son disciple Cognard Hanshi, une commémoration a eu lieu pour célébrer cet évènement.
Les filles, petites-filles et arrière-petit fils de Kobayashi Soshu,  le maître Kimura du Osaka Buikukai, le maître Yabuuchi du Yamato Buikukai, le maître Riondet du Buikukan Provence étaient présents ainsi que de nombreux élèves venus du Japon, d’Amérique et de toute l’Europe.

Dans son discours, en japonais, maître André Cognard a rappelé à chacun le sens de la transmission : « Kobayashi sensei avait une intelligence supérieure. C’était un virtuose de l’aikido. Son incroyable discernement associé à son expertise ont converti ce qu’il a hérité de O Sensei en un véritable trésor ». La transmission est constituée d’héritage et de conversion. Le Maître ne restitue pas l’enseignement de son Maître, il le réchauffe, dit aussi Confucius. Entendons que sa manière de transmettre en accroît la saveur. Sa mémoire est une source dans laquelle il puise une conscience nouvelle.

Dans son discours, maître André Cognard a rappelé le sens de la commémoration : « Kobayashi sensei enseigna à chacun de manière différente. Ainsi le souvenir personnel de chacun d’entre nous est important. Cependant, c’est tous ensemble que nous pouvons vraiment nous souvenir de lui ». La commémoration est toujours un rassemblement, mais, ici, la mémoire qu’elle met au travail ne se limite pas à l’évocation des souvenirs. C’est aussi une mémoire corporelle, activée par trois jours de pratique. C’est aussi une mémoire sensorielle éveillée par le goût des alcools rares que Kobayashi Soshu affectionnait.

« Entre tous ceux qui ont véritablement été liés à Kobayashi Soshu créons une authentique fraternité ». Ainsi, Cognard Hanshi nomme-t-il ce lien dont chaque élève peut mesurer la force. La célébration qui a lieu en décline les acceptions : le lien existe, en amont des clivages, entre les débutants et leurs sensei, entre ceux qui ont connu Kobayashi Soshu et les plus jeunes. Mais il existe aussi, et la lecture des poèmes de O Sensei le rappelle, entre le ciel et la terre qui donnent son axe à chaque posture, et au monde sa polarité. Lien du singulier et de l’universel, lien entre les langues et les cultures, entre les hommes et les éléments. Le lien trouve sa célébration dans un feu d’artifice et ses mouvements croisés qui conjuguent rythme et tracé, coloration musicale et tonalité graphique, et, par chance, le feu des fusées et l’eau de pluie sur les visages.

Mais le lien n’est pas l’attache qui entrave nos mouvements et nous asservit. Il est, au contraire, le canal qui leur ouvre un passage et donne à leur conduite sa liberté. Maître André Cognard rappelle à plusieurs reprises la mission qu’il a reçue de créer une école d’aikido « absolument libre ». Le lien est loyauté.

Texte : Sylvie Lopez-Jacob

Photographies : Éric Genillier