Speech : FBS Farewell diner – Cognard Hanshi

Ecrit par Aikido.FR le août 17th, 2017, dans Evènement, Textes

First of all, I would like to address the ladies and gentlemen of the Hombu.
Thank you for coming to Clermont-Ferrand and sharing your knowledge, and
your skills. Your presence honors this event and I wish to thank you very sin-
cerely. I also have a thought for Kuwahara Hanshi who was not able to join
us, but who is present in our hearts.

Discours : dîner de gala du FBS par Cognard Hanshi

Ecrit par Aikido.FR le août 17th, 2017, dans Evènement, Textes

Je veux tout d’abord m’adresser à Messieurs et Mesdames du Hombu pour les remercier
d’être venus jusqu’à Clermont-Ferrand apporter leurs savoirs, leurs compétences, et de conférer
par leur présence hauteur et prestige à cet événement. Je les remercie très sincèrement. Je pense
aussi à Kuwahara Hanshi qui n’a pu se joindre à nous, mais qui est bien présent dans nos cœurs.

Mes remerciements iront ensuite aux élus de la Ville de Clermont-Ferrand, de la commu-
nauté de communes Clermont Auvergne Métropole, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, du
conseil départemental du Puy-de-Dôme et du conseil départemental de la Loire.

Inauguration speech of Sakura Parc – Cognard Hanshi

Ecrit par Aikido.FR le août 17th, 2017, dans Evènement, Textes

Your presences honour and fill us with joy. On behalf of France Shibu, I thank you from the
bottom of my heart.
I would like to tell you about this place, its design and its meaning, but before that, allow
me to address the Mayor, Olivier Bianchi:
Sir, I would like to thank you personally and express my admiration for your determination.
You at once understood the importance of the message which has been brought to life in
this park and you did not hesitate in uniting your voice with ours to call for peace through
this symbol. Really, thank you !

Discours d’inauguration du Sakura Parc par Cognard Hanshi

Ecrit par Aikido.FR le août 17th, 2017, dans Evènement, Textes

Vos présences nous honorent et nous emplissent de joie. Au nom du France
Shibu, je vous remercie du fond du cœur.
J’aimerais vous parler de ce lieu, de sa conception et de sa signification, mais,
avant cela, permettez-moi de m’adresser à Monsieur le Maire, Olivier Bianchi.
Monsieur, je tiens à vous remercier tout personnellement et à vous exprimer
mon admiration pour votre détermination. Vous avez compris tout de suite
l’importance du message qui s’exprime à présent dans ce lieu et vous n’avez pas
hésité à unir votre voix à la nôtre pour appeler à la paix dans le langage du symbole.
Vraiment, merci !
Je veux aussi m’adresser à Monsieur Jean-Yves Foucault qui a fait don des
pierres qui sont alignées derrière ce que l’usage désigne déjà sous le vocable de «
menhir ». Monsieur Foucault, au nom de la Dai Nippon Butoku Kai France Shibu, je
vous remercie infiniment.

Voeux 2016 de Cognard Hanshi aux adhérents 3AKH

Ecrit par Aikido.FR le janvier 13th, 2016, dans Textes

Chers professeurs, chers élèves,

L’année 2015 fut riche de rencontres, d’événements dans le monde du budo, et malheureusement endeuillée par les récents attentats. Elle avait commencé comme elle a fini, dans le sang et la peur.

Le principe de la terreur est de donner la gouvernance à la peur. Un désir de violence peut se développer en chacun de nous, particulièrement quand nous ressentons une menace contre nos liens pourvoyeurs d’identité, un risque de déstructuration de cette dernière.

Il est évident que l’horreur de tels actes déclenche une émotion et un désir de réplique. C’est le niveau des émotions et celles-ci, bien qu’impuissantes à changer l’irrémédiable, sont légitimes. La question, tout au moins pour nous budoka, pourrait être : faut-il laisser nos émotions gouverner nos actions ?

Nous savons de par l’expérience des armes que cela conduit irrémédiablement à la défaite. Mais devant la violence, nous ne pouvons pas non plus rester passifs. Alors quel est le combat à mener ?

Il existe en nous une profondeur inviolable, incoercible, absolument inaccessible à autrui, un lieu du je qui n’est qu’à lui et où personne ne peut aller à moins d’y être introduit par le sujet lui-même. C’est là que se prennent les décisions concernant la vie et la mort, c’est là que se dit le langage de l’univers, que s’écrit le symbole fondateur des cultures. C’est le siège de l’esprit un, unique, indivisible. C’est indubitablement la vraie cible de la terreur. Mais celle-ci ne peut être atteinte qu’avec l’aide du sujet lui-même. Il est le seul à pouvoir toucher cette profondeur de soi-même.

Ne relayez pas la peur à l’intérieur de vous. Ne la laissez pas prendre le pouvoir sur vos actes.

Quand elle gouverne nos émotions, elle ne nous propose rien si ce n’est le choix entre la colère et la dépression.

Quand elle gouverne notre corps, elle ne propose que le choix entre l’agression et la fuite.

Mais quand on l’introduit dans la profondeur de notre âme, elle ne propose que tuer pour survivre ou mourir.

Notre combat est là, budoka ne donnons pas le pouvoir à nos émotions, cantonnons les à la profondeur qui est la leur. Interdisons nous de les laisser gouverner notre corps.

Nous sommes budoka, et nous ne permettons pas que notre corps et ses réflexes archaïques prennent le pouvoir sur nos gestes. Nous maintenons notre équilibre en ne laissant pas notre corps aux prises avec les désirs d’action violente des mémoires collectives dont il est issu.

C’est aussi ce que nous devons accomplir et n’introduisant pas dans nos âme le poison de la peur.

C’est la combinaison entre la discipline qu’il applique au niveau de sa pensée, l’étiquette avec laquelle il discipline ses émotions et le rituel avec lequel il pose les frontières de son corps que le budoka peut résister à la tentation de la violence.

Forgeant une éthique forte par l’exercice constant de la conscience, dans et hors du dojo, nous ne serons pas les alliés involontportrait_A.C.4-copie-680x1024aires des terroristes. Nous ne les aiderons pas dans leur stratégie macabre.

La peur gèle l’âme comme l’hiver gèle la terre. La terreur n’empêchera pas le retour du printemps si nous nous réchauffons les uns les autres en exprimant notre bienveillance. C’est pourquoi les vœux de début d’année ne sont pas une simple habitude culturelle. C’est un vrai rituel qui consiste à prononcer les mots qui disent l’empathie, la sympathie, l’amitié, l’amour pour que tout cela soit symbolisé, c’est à dire prenne chair en devenant la sève de toute pensée.

Alors, je vous invite à vous tenir éternellement dans l’esprit de shoshin pour vivre toujours et simultanément dans le souvenir, la perspective, le désir et l’intensité de l’imminent retour du printemps.

Meilleurs vœux.

Lettre de Hanshi Cognard à destination des élèves nouveaux et de leurs enseignants

Ecrit par Aikido.FR le octobre 30th, 2014, dans Textes

30ans_DSC053Vous venez de vous inscrire dans un cours d’aikido. C’est un choix judicieux si vous souhaitez mieux vous connaître et ainsi, mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

En effet, l’aikido n’est pas un sport ou une activité physique mais une voie. Celle-ci n’a aucune portée religieuse ou idéologique mais, en revanche, elle nous introduit à une dimension spirituelle que je peux résumer ainsi : avoir le souci de toute autre, essayer de valoriser toute relation en impliquant au mieux sa conscience, s’harmoniser au quotidien.

Cette capacité s’acquiert en s’entraînant à mobiliser son énergie pour être le plus conscient possible du réel, c’est à dire avoir la force de rester dans son unité. Quand le corps, le coeur et la pensée ne font qu’un, nous pouvons appréhender le monde de manière directe et sans a priori, sans dogmatisme, sans créer d’illusion.

Chacun d’entre nous rencontre des difficultés au quotidien et se trouve parfois en souffrance. Celle-ci est la conséquence d’un sentiment d’incapacité à faire face ou à changer les choses.
Ce sentiment là provient de ce que les évènements difficiles à vivre créent en nous une division.
Nous réagissons alors soit en augmentant notre niveau d’agressivité, contre les autres ou soi-même, ou en déprimant. C’est le résultat d’un réflexe archaïque, l’agression ou la fuite. C’est une étape importante dans l’aikido que d’apprendre à maîtriser ce réflexe.

La réponse que donne l’aikidoka à toute situation conflictuelle, que le conflit soit exporté vers autrui ou qu’il soit intérieur, est inséparablement technique et éthique. La technique nous permet de ne jamais nous soumettre à la violence, ni la sienne propre, ni celle des autres. Elle nous permet d’agir avec justesse et justice, sans blesser ni physiquement ni moralement l’agresseur, que celui-ci soit un autre que soi, ou une partie de soi. L’aikidoka ne considère pas son agresseur comme mauvais mais comme le révélateur d’un conflit inconscient qui relie l’un à l’autre. Dans le cadre d’un conflit interne, il se demande quelle est la part de soi qui agresse l’autre. Je prends comme exemple pour clarifier cette idée du conflit intérieur les comportements autodestructeurs, prise de risques inconsidérés, alcoolisation régulière, déconsidération systématique de soi. Dans un cas comme dans l’autre, l’aikidoka considère que l’ennemi n’est pas l’autre mais ce qui crée la violence entre celui-ci et soi, entre soi et soi. Il se pose la question suivante : qu’est-ce qui nous fait nous
agresser ? Il identifie ainsi le véritable ennemi, faisant de son adversaire apparent un allié dans la résolution du conflit.
Vous l’aurez compris, nous sommes loin du sport, de sa rivalité et de ces jeux, même si l’aikido met en mouvement les corps et les armes pour extérioriser les difficultés intérieures et leur donner une réponse sans violence.

L’aikido est une discipline efficace contre les agressions, efficace pour faire circuler harmonieusement votre énergie, efficace pour rendre votre vie plus heureuse en améliorant votre
santé et en diminuant vos tensions physiques et psychiques.

Quand on arrive dans un dojo de notre école, on est en droit d’être surpris par l’importance du rituel, par celle de l’étiquette et de la discipline. L’exotisme lié à ces outils de travail disparait vite et peut faire place à un sentiment d’incompréhension ou de rejet.

Ces outils sont pourtant indispensables : la discipline nous permet de comprendre et maîtriser les relations avec soi-même, l’étiquette amène de la conscience et de l’harmonie dans la relation aux autres, le rituel crée une conscience de la spatiotemporalité qui nous ouvre à la compréhension des espaces conscientiels, conceptuels et spirituels. L’aikido est fondé sur une autodiscipline comme tous les budo traditionnels et sur une alchimie constante entre un apprentissage guidé par un enseignant et une autodidaxie. L’expérience est le moyen d’accès à la connaissance et celle-ci ne peut être faite que dans un cadre défini. La discipline, l’étiquette et le rituel sont les garants de ce cadre. N’oubliez pas que ne pas définir le cadre d’une relation laisse la porte ouverte à tous les abus.

En outre, il est indispensable pour chacun d’avoir les moyens de se penser comme ce qu’il est vraiment, individu libre et partie d’un ensemble humain, et cela, non pas alternativement mais conjointement. Vous pouvez réfléchir à ce que ces outils comportementaux permettent cela, assurant le sécurité de cette liberté comme celle de cette appartenance.
Je vous propose d’y penser à partir de cet exemple : le dogi, vêtement d’entraînement traditionnel (appelé à tort kimono) est le même pour tous. Certains pourraient y voir une atteinte à leur droit de s’habiller comme ils le désirent. Pourtant, le dogi abolit tous les signes de différence de statut social et financier. Il crée une unité du groupe qui n’est ni esthétique ni exotique mais bien celle d’une égalité fondamentale. De même la discipline est la même pour tous et cela assied une égalité de droits fondée sur l’exercice d’un même devoir.

Les enseignants de nos dojos reçoivent tous une éducation dont les fondements sont le respect de la liberté individuelle et l’engagement dans la formation de leurs élèves. Ces deux axes ne sont jamais opposés, l’aikido ayant pour but unique de libérer « l’être en soi ».

Ils savent qu’enseigner, c’est dire où l’on regarde, d’où l’on regarde sans dire ce que l’on voit.
Ils savent aussi que former quelqu’un à la technique sans lui donner les moyens de s’en servir est une duperie. Ces moyens sont l’énergie et un esprit fort. C’est pourquoi nous ne dissocions jamais le développement de la force du mental et de l’esprit de l’enseignement de la technique. Nous ne voulons pas former des colosses aux pieds d’argile.

Vous êtes entrés dans un processus d’autoformation qui répondra à vos attentes en matière d’accès à soi. Un des leitmotiv de notre enseignement est la légitimité de la recherche du bonheur.
Celui-ci se trouve dans l’équilibre entre notre passé et nos désirs, entre nous et autrui, entre nos émotions et celles des autres. Cet équilibre est le fruit d’une harmonie qui résulte elle-même d’un sentiment d’unité, dont la source se trouve dans la conviction intérieure d’être inconditionnellement et le désir d’exister.

Notre école, la vôtre à présent, est reconnue au plus haut niveau des arts martiaux traditionnels japonais. Nous sommes membre de la Dai Nippon Butokukai, organisation gouvernementale japonaise de tous les budo sous l’égide de la famille impériale. Quand vous aurez construit un sentiment d’appartenance à celle-ci, vous serez fiers d’être l’un de ceux qui oeuvrent pour faire de la pratique martiale un outil de développement de la paix dans le monde, de ceux qui défendent les valeurs de respect, intégrité, courage.

Faites votre notre maxime :

Ni domination, ni soumission, ni compromis.

Je vous souhaite ce qui vous sera particulièrement utile dans votre pratique : courage, chance et maladresse.

Cognard Hanshi

L’expérience et le sacré

Ecrit par Aikido.FR le décembre 8th, 2010, dans Textes

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SatoriVouloir écrire à propos de l’expérience est un paradoxe. L’expérience est apodictiquement incommunicable. L’expérience est précisément ce que l’on éprouve soi-même, seul ou guidé par un autre. Elle appartient à la conscience en tant que telle. Aucune expérience ne peut avoir lieu sans l’implication de la totalité de l’être, corps-esprit et conscience psychique unis dans un même accomplissement. Tout expérience est l’expérience d’un changement de soi et ne peut se produire hors de la conscience. C’est celle-ci qui est changée, et ainsi, le monde est changé à travers elle. Pour la conscience, il ne peut y avoir d’autre expérience que celle de l’autre en soi. La monade n’a d’autre destinée que celle de s’ouvrir et de se mêler, de disséminer, le chaos est condamné à devenir du conscient connu, c’est-à-dire mémoire.  Toute expérience est un changement de ce qui est et implique obligatoirement plusieurs entités conscientielles. La grande loi de l’interdépendance impose que le changement dans le plus singulier change le monde.  L’expérience est l’instant de toute transformation. Aucune connaissance n’est réelle sans elle. Elle n’a pas de durée. Ses conséquences peuvent en avoir. L’expérience est indissociable de la prise de conscience, du satori (note 1). Ou bien, elle est traumatique. L’expérience est la marche du monde.

Les arts martiaux japonais et l’esprit français

Ecrit par Aikido.FR le avril 12th, 2008, dans Textes

Conférence à Misasa (Japon)

Je souhaite remercier les personnalités qui ont permis que cette rencontre ait lieu (énumération éventuelle des noms ou des titres des hommes politiques, des représentants de l’autorité, mairie, département etc.) Permettez-moi aussi de remercier Monsieur Takata de me donner ainsi la parole et de vous remercier pour votre présence et votre écoute.
Je veux brièvement dire quels sont les liens qui font que je me trouve aujourd’hui devant vous. Mon maitre d’aikido Kobayashi Hirokazu, disciple de Ueshiba Morihei, fondateur de l’aikido moderne, vivait généralement à Takarazuka. Il était né à Osaka. Mais il avait à Togo une maison qu’il affectionnait particulièrement et il y venait chaque fois que son travail lui laissait ce loisir. J’y suis personnellement venu très souvent avec lui, et mes premiers pas dans le Tottoriken remontent à 1980 où j’ai commencé avec Sensei qui était un adepte passionné des honsen à fréquenter les nombreux établissements de votre région, et en particulier ceux de Misasa.
J’ai eu ensuite le privilège de rencontrer feu Tanaka Shingai, grand maître de calligraphie et artiste internationalement reconnu. Il était né à Tottori. Ainsi mes liens avec votre région se sont encore renforcés. C’est Maître Tanaka qui m’a présenté à Monsieur Takata, lui exprimant mon désir de venir dans cette région où mon maître avait été heureux, en souvenir de lui. Je conclurai donc ce préliminaire en adressant une pensée pleine de gratitude pour cet homme, Tanaka Shingai, que j’ai eu l’immense honneur d’avoir pour ami. On ne dira jamais assez l’importance de son œuvre de diffusion de la culture japonaise dans le monde, en particulier en France où il résidait une partie de l’année. A Lyon, son autre ville, tout le monde culturel se souvient de lui avec une grande émotion.
Je conclurai aussi en vous remerciant vous, habitants de cette région, où, ces deux maîtres et moi-même avons pu partager tant de joie.