Aïkido et musique

Ecrit par Aikido.FR le avril 2nd, 2010, dans AikidoJournal

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Aïkido Journal N°34 – Avril 2010

34frCher André,
Dans tes romans où tu mets en scène des personnages dont on ne peut s’empêcher de penser qu’ils égratignent quelque peu le « toute ressemblance… ne saurait être que fortuite », le disciple introduit le maître à l’appréciation de la gastronomie et des grands vins français d’une part, de la musique occidentale dite classique de l’autre.
Pourrais-tu raconter à nos lecteurs ce qu’il en a été « de ce côté-ci du miroir », et plus généralement quels rapports (harmoniques ?) tu vois entre la « grande » musique et l’aïkido ?
Pour mémoire, quelqu’un comme Stéphane Benedetti, qui a aussi connu Me Kobayashi, est aussi un grand amateur de musique classique, tout comme Henry, mon collaborateur…
Y a-t-il là plus qu’une coïncidence ?
Voila le thème que je te suggèrerais pour ton prochain papier.
Amicalement, Horst.

Aïkidoka professionnel ou amateur !

Ecrit par Aikido.FR le janvier 5th, 2010, dans AikidoJournal

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Aikido Journal n°33Article paru dans AikidoJournal numéro 33 de janvier 2010

Voici une question qui anime un débat implicite. Je pense qu’il est nécessaire de la poser clairement d’autant plus que, dans nombres d’articles et d’interview, même dans ce journal, de petites phrases allusives laissent assez fréquemment entendre qu’être amateur, c’est rester dans sa pratique libre des contingences matérielles. On ne risque pas ainsi d’être soupçonné de faire de l’argent. Au contraire, l’on peut parfois entendre que les professionnels ne sont pas libres, en tout cas, pas clairs car ils ont des objectifs financiers.

A l’opposé de ces considérations, le mot professionnel bénéficie parfois d’une aura de compétence quand le mot amateur risque d’induire des présupposés péjoratifs.

Mon propos n’est pas de dire qu’il est préférable d’être professionnel ou préférable d’être amateur. Il consiste à faire part de ma réflexion et de mon expérience dans le domaine puisque je suis moi-même un professionnel de l’aïkido depuis plus de trente ans. Dans un premier temps, je me bornerai à constater qu’heureusement, les deux conditions de professionnel et d’amateur cohabitent dans l’aïkido et qu’il n’y a pas besoin d’une réflexion très poussée pour comprendre qu’elles sont nécessaires l’une à l’autre.
Mais j’ai plaisir à tordre le cou à des lieux communs aussi éculés que ceux évoqués plus haut. Il existe des amateurismes qui sont du niveau de l’expertise et au contraire, des professionnels frisant la nullité absolue dans tous les domaines. L’honnêteté, la rectitude morale et l’intégrité ne se mesurent pas à l’aune du bénévolat qui peut parfois recouvrir des pratiques bien plus douteuses que l’exercice professionnel. Être professionnel ne fait pas automatiquement d’un homme un commerçant sans scrupule, motivé exclusivement par l’appât du gain, et il faut dire aussi que chacun d’entre nous a recours quotidiennement à des commerçants qui rendent des services précieux de manière très honnête. Ne nous laissons pas influencer par le caractère péjoratif que prend souvent le mot « commerçant » dans notre société. Je parle bien sûr de tous les métiers du monde et aussi de celui de professeur d’aïkido, et je veux dire que même si je considère que l’exercice de la profession d’enseignant d’aïkido ne peut en aucun cas être un commerce, cela ne signifie pas pour moi que le commerce est forcément soupçonnable de manque d’étique et d’intégrité. Il y a dans certains commerces du « donnant donnant » qui confine au « donner recevoir » dans le meilleur sens de l’expression, et il ne suffit pas à mes yeux d’être amateur ou bénévole pour infléchir cette relation en en faisant un « je donne sans rien attendre ». Il peut exister des modes de rémunération morale qui sont d’autant plus discutables qu’ils restent implicites, voire inconscients et qu’ils ont le travers de créer une dette inextinguible envers le prétendu donneur désintéressé. En ce qui concerne le métier d’enseignant d’aïkido cela me semble très préjudiciable pour les élèves. Toute relation doit être basée sur un équilibre, la pratique même le démontre, et la liberté est à ce prix. Ce n’est pas là une manière de jeter un doute sur l’intégrité de l’amateur mais bien de dire qu’il n’y a pas de lien direct entre amateurisme, professionnalisme et désintéressement.

Do et Aikitaiso

Ecrit par Aikido.FR le septembre 8th, 2009, dans AikidoJournal

Article paru dans AikidoJournal numéro 31 de septembre 2009

L’idée de do n’est certes pas une nouveauté dans le monde des arts martiaux et en particulier dans celui de l’aikido. Pourtant, je me demande souvent à la lecture de certains articles, y compris ici dans aikidojournal, si ce concept a encore un sens pour certains pratiquants. Loin de moi l’idée de faire l’éloge d’un aikido traditionnel par rapport à un aikido sportif, le mot tradition servant souvent de prétexte à des polémiques stériles et la tradition n’étant pas en soi une panacée légitimant à coup sûr une pratique. Il en est d’illustres que l’on ne saurait approuver. La tradition n’est pas non plus une garantie quant à la valeur spirituelle d’une pratique, car c’est bien de cela dont il s’agit quand on parle de voie : une pratique spirituelle. J’ai déjà écrit sur la question religieuse, dans ces colonnes mêmes, mais je ne peux faire l’économie de le dire encore une fois, que pour moi, spiritualité et religion sont des concepts bien différents. L’une, la spiritualité est le fait de l’anthropos. Elle existe depuis que l’humain existe. L’autre, la religion est avant tout ethnique et s’inscrit dans la culture au travers de ce qui caractérise l’objet ethnologique, la langue. Je dis bien la langue et non pas la parole, et cette précision prendra toute son importance ci-après. La spiritualité n’est pas un objet ésotérique. Elle est simplement l’exercice de la conscience comme le miroir de la réalité. Aikido, « la voie qui mène à s’oublier » disait Kobayashi Sensei soulignant ainsi la nécessaire modération de l’ego. Contrairement à ce que nous disent les sports, les pratiques modernes et les techniques de développement personnel, il n’existe pas de liberté dans l’expression de soi, celle-ci étant conditionnée par les outils ethnologiques et culturels dont nous dépendons. Les tenants farouches pour leur liberté d’opinion peuvent toujours méditer sur le fait que celle-ci est conditionnée par les inconscients transgénérationnels, les inconscients sociaux et culturels, la conscience ancestrale, la conscience biologique et j’en passe. Leur revendication du droit de revendiquer n’est que l’expression de leur allégeance inconsciente et donc absolue à une loi qu’ils ignorent, précisément parce qu’ils ne suivent pas la voie : le monde se dit à travers eux et le monde s’exprime par geste. Ce qu’ils prennent, fort de leur ignorance, pour un critère de leur personnalité et expriment souvent de manière tonitruante, car bien sûr, ils sont très attachés à eux-mêmes, n’est qu’un geste fait par une conscience qui les contient et dont ils ne connaissent pas l’existence. J’ai fait scandale en disant, dans le cadre de réunion politique, que la société produisait exactement le nombre d’enseignants dont elle a besoin mais aussi, exactement le nombre de délinquants, de criminels dont elle a besoin. Et bien, la voie propose de se remettre à la vie et de se laisser travailler par elle comme une pâte est pétrie par le boulanger. Elle propose cette harmonie qui s’obtient quand interdépendance rime avec compassion et solidarité, quand impermanence signifie « je suis mortel », quand non noumène impose la compréhension de la futilité de ce je que certains font reluire jusqu’à la déchirure, et quand « celui qui ferait de lui-même le vide serait maître de toutes les situations » se traduit bien par « étant mushotoku, sans intention ni pensée, je reste moi-même quand la vie me modèle pour dire l’essentiel, l’essence même » et non pas « je suis tout puissant grâce à ma technique supérieure qui fait de moi le maître du monde ».

AikidoJournal numéro 29

Ecrit par Aikido.FR le janvier 4th, 2009, dans AikidoJournal

Article paru dans AikidoJournal numéro 29 de janvier 2009

La publication sur internet d’une lettre de Ueshiba Morihei Sensei à Okawa Shumei, une des figures des ultranationalistes japonais a donné lieu à un débat animé autour de la question : Ueshiba Sensei fréquentait-il les fascistes, et bien entendu, avait-il un engagement politique de cet ordre ?

N’étant pas du tout compétent en histoire et philosophie politique, je me garderai bien de tenter de répondre à une telle question. Je préfère donner un point de vue, puisque c’est le sens de cette rubrique, sur ce que j’appellerai le syndrome de la blancheur qui affectent nombre de personnes quand on aborde le sujet d’O Sensei. Le lecteur voudra bien m’excuser si cela prend parfois le tour d’un billet d’humeur. Le fait que j’aborde le sujet sous cet angle ne signifie pas que je dénie à d’autres le droit de s’intéresser à ces questions et d’essayer de démêler l’histoire d’O Sensei. Il est vrai qu’Ueshiba Morihei est un personnage haut en couleur auréolé de légendes. Cela ne me semble pas dommageable en soi, si ce n’est par le fait que bien souvent, l’on ne différencie guère la vérité et la légende. Or, j’ai déjà eu l’opportunité de le dire dans ce journal, le propre des arts martiaux, c’est de tracer une ligne claire entre le fantasme, certaines productions imaginaires de la conscience psychique, et la réalité. Je vais citer à nouveau mon maître, Kobayashi Hirokazu : « Celui qui remporte la victoire, c’est celui qui voit le réel ». L’introduction de la mortalité comme une évidence en soi par la nature martiale de la pratique crée ce sentiment de finitude propre à nous faire sortir de la toute puissance et, partant, des fantasmes qui l’accompagnent. L’idée de réel émise par Kobayashi Hirokazu Sensei est assortie de l’idée de finitude. Je vois dans les différentes légendes qui accompagnent O Sensei et d’autres grands maîtres d’arts martiaux une manière de récuser cette finitude et de lutter contre les angoisses morbides que la martialité et l’issue incertaine de tout combat développent chez celui qui ne peut faire face à sa mort.

Les questions à ne pas poser à propos de la création de l’aikido

Ecrit par Aikido.FR le septembre 9th, 2008, dans AikidoJournal

Article paru dans AikidoJournal numéro 27 de septembre 2008

Il m’a toujours semblé étrange que l’on insiste autant sur les rapports étroits, la quasi filiation de l’aïkido à Daïtoryu et à son illustre maitre Takeda Sokaku. Pourtant les relations entre ce dernier et Ueshiba Morihei Sensei furent pour le moins houleuses. Il n’est qu’à lire certaines biographies d’O Sensei pour être tenté de croire que Takeda Sensei était un maître envahissant, peu amène, qui aurait persécuté son élève Ueshiba pour en tirer des subsides. Je crois peu à cette version des faits. Pourtant, il me semble difficile d’établir une corrélation entre cet homme à la réputation de guerrier inflexible, de samurai indomptable et la compassion à laquelle l’aïkido prétendit après guerre. Ajoutons à cela que pour attribuer la grand-paternité de l’aïkido à Takeda Sokaku, il faut faire peu de cas des apprentis-sages auxquels s’était soumis Ueshiba Sensei avant de rencontrer celuici et ignorer que le corps se forme dans la durée et qu’il est profondément marqué par ses premiers gestes comme la conscience garde l’empreinte de ses premiers enseignements. En effet, certaines phrases sibyllines relevées au hasard de ses biographies telles que : « Dés l’âge de sept ans il étudiera le confucianisme et le bouddhisme au temple de Jizodera et subira l’influence spirituelle et psychique de son maître d’école Nasu Tasaburo qui deviendra par la suite une grande personnalité religieuse» ne montrent-elles pas des champs d’influences bien différents de Daitoryu.

AikidoJournal numéro 26

Ecrit par Aikido.FR le avril 3rd, 2008, dans AikidoJournal

Article paru dans AikidoJournal numéro 26 de avril 2008

J’ai eu l’honneur d’être sollicité dans le cadre des manifestations officielles au Japon commémorant le cent cinquantième anniversaire de l’amitié franco-japonaise. J’allais au Japon pour donner un stage d’aïkido et j’ai donc accepté de tenir une conférence sur « le budo et l’esprit français ». Je retransmets ici une partie de cette conférence. Le lecteur que cela intéresse pourra lire l’intégralité sur notre site web (www.3aikido.org). Je m’adresse bien sûr à un public de Japonais. Je parlais de l’expérience de la relation avec Maître Kobayashi et j’arrive donc à ce point :
« Il a donné sens à mes questions. C’est cette relation qui m’a permis de comprendre ce qu’est la voie et ce qu’est la maîtrise. Je veux donc vous parler des valeurs que j’ai reçues, que j’ai étalonnées en moi, celles que je protège, que je défends et diffuse partout dans le monde. Car en effet, je me rends dans tous les pays d’Europe mais aussi en Afrique, en Inde, en Indonésie pour parler de votre culture, de l’amour que j’ai pour vous, peuple japonais, de la grandeur de l’âme japonaise. Ma position intellectuelle correspond à l’éthique de ma voie. Elle est dialectique et présente avant tout comme argument la nécessité du budo comme gardien d’une réalité nous protégeant des abus dus à la croyance inconsciente en la toute puissance qui affecte l’homme moderne occidental. En effet, son désir d’immortalité est contrecarré par l’évidence de la mortalité que véhiculent les budo. Cette nécessité martiale ne va pas sans l’investissement dans une éthique fondamentalement non-violente. Ces valeurs sont universelles et touchent toutes les cultures car elles portent sur ce point très sensible dans le monde entier, la violence.

AikidoJournal numéro 25

Ecrit par Aikido.FR le janvier 6th, 2008, dans AikidoJournal

Article paru dans AikidoJournal numéro 25 de janvier 2008

Mon maître est le fils spirituel du fondateur, il est le plus fort, il a raison sur tout, et concluez donc ce que je peux être, moi son fils unique, son disciple absolu. Il conviendrait pour être complet d’ajouter « Mon Papa est le plus grand, le plus fort et moi, j’ai la plus grosse ».

Ce discours que l’on entend si souvent dans le milieu de l’aikido ne serait rien d’autre que l’expression d’une conscience infantile enfermée dans un corps d’adulte s’il n’aboutissait pas à l’agression des autres maîtres, des autres écoles, des autres disciples de son propre maître. Les exemples ne manquent pas et il n’est qu’à aller sur certains sites de chat pour voir à quel point certains n’hésitent pas à discréditer, insulter, caricaturer, juger du haut de leurs cinq ans d’âge mental et de leurs quelques années de pratique des enseignants qui ont consacré leur vie à la voie dans laquelle ils débutent. Ils ne pourraient se comporter ainsi s’ils ne se faisaient pas l’écho de leurs soi-disant maîtres, s’ils ne reprenaient pas des discours entendus, s’il n’existait pas dans le milieu même de l’aikido cette tendance à se dire le centre du monde, à se mettre en avant comme le détenteur de la vérité, dit autrement, s’il n’existait de pseudo maîtres dont la caractéristique principale est l’immaturité.  

La pratique des armes en aikido #2

Ecrit par Aikido.FR le décembre 10th, 2007, dans AikidoJournal

(Suite et fin de l’article sur « La pratique des armes en aïkido » dont la 1ère partie est parue dans notre précédent numéro)

Comme je l’ai déjà longuement expliqué dans d’autres écrits, c’est l’attaque qui définit la structure de base de cet espace et qui initie sa réalité physique et conscientielle, et c’est l’action de shite qui la limite. L’on voit que la pratique des armes introduit une triple dimension, ce qui n’est pas sans valeur symbolique. Lors d’un stage à Fribourg en Suisse, un dimanche après-midi, Kobayashi Sensei a répété de nombreuses fois en montrant les trois tsuki de base : « dans trois, il y a trois et dans trois, il y a encore trois ». Je faisais uke et je traduisais, et je soupçonne certains d’avoir douté de ma traduction pourtant, il insistait simplement sur cet aspect. Trois tsuki sont fondés sur trois actions qui impliquent trois profondeurs différentes.
Chaque tsuki est basé sur trois coups qui impliquent eux aussi trois profondeurs. Ce qui signifie que dans le premier trois, les trois tsuki, il y a encore trois, les trois profondeurs, mais cela est conditionné par la forme.

La pratique des armes en aikido #1

Ecrit par Aikido.FR le septembre 3rd, 2007, dans AikidoJournal

Je vais d’abord citer la question à laquelle je dois répondre pour pouvoir sérier mon sujet car je ne peux en assumer qu’une partie.

Horst : « Cette fois-ci, si tu en es d’accord, je te proposerais comme sujet pour ton point de vue un thème que tu as certes déjà abordé « en passant », mais sur lequel nos lecteurs et moi-même nous interrogeons encore et toujours : la pratique des armes en aïkido. Parmi les questions que nous nous posons : la pratique des armes est-elle intrinsèque à celle de l’aïkido, ou le taijutsu se suffit-il ? Qu’apporte vraiment cette pratique ?
Ne vaudrait-il pas mieux pas de pratique des armes du tout plutôt que les lamentables mascarades – plus ou moins inévitables, vu le peu de temps qui leur est consacré et le niveau de la majorité des enseignants – que l’ont voit le plus souvent sous ce nom ?
Le rapport entre aikiken et aikijo et les écoles traditionnelles (koryu) de kenjutsu/kendo (kashima shin, kashima shinto, Yagyu, etc.) et jodo (Shindo muso etc.) ?
Les armes, pourquoi seulement ken, jo et tanto alors que O Sensei en a pratiqué d’autres (bo — cf. Hikitsushi Michio, juken, etc.) »

Aikido et religion #2

Ecrit par Aikido.FR le mars 5th, 2007, dans AikidoJournal

Article paru dans AikidoJournal n°21

(Suite et fin de l’article sur « Aikido et religion » dont la 1ère partie est parue dans notre précédent numéro)

Pour continuer notre réflexion sur cette question fondamentale de l’identité et de l’altérité qui est au coeur de la problématique martiale, ajoutons à ces deux citations deux autres. Tout d’abord Lao Tseu dans le tao te king « L’être et le non être se donnent naissance l’un à l’autre »

PUIS ZHUANGZI :
« Le je est aussi l’autre, l’autre est aussi le je, en ce que l’un comme l’autre sont également affirmation et négation. Alors, le je et l’autre existent-ils donc réellement ? Que le je et l’autre ne soient pas en opposition dit le pivot du Tao. »
Que seme trouve dans la relation avec shite la réponse à ce questionnement identitaire, il est indispensable que shite ait atteint un degré de conscience de soi dont on peut vérifier la réalité à la manière qu’il a d’agir sans penser et de rendre son corps imperceptible à seme et aussi à d’éventuels spectateurs à certains moments de l’action. Cela signifie qu’il n’a pas besoin de se représenter dans sa propre conscience psychique et qu’il n’a pas non plus besoin de son corps pour le représenter. Il a accès à l’être en soi, son identité est enracinée dans une conscience ontologique qui persiste et se perçoit elle-même quels que soient les apports qui proviennent de toute altérité. Les relations dans lesquelles elle est impliquée la modifient sans qu’elle devienne autre que soi.