Aïkidoka professionnel ou amateur !

Ecrit par Aikido.FR le 5 janvier 2010, dans AikidoJournal

Aikido Journal n°33Article paru dans AikidoJournal numéro 33 de janvier 2010

Voici une question qui anime un débat implicite. Je pense qu’il est nécessaire de la poser clairement d’autant plus que, dans nombres d’articles et d’interview, même dans ce journal, de petites phrases allusives laissent assez fréquemment entendre qu’être amateur, c’est rester dans sa pratique libre des contingences matérielles. On ne risque pas ainsi d’être soupçonné de faire de l’argent. Au contraire, l’on peut parfois entendre que les professionnels ne sont pas libres, en tout cas, pas clairs car ils ont des objectifs financiers.

A l’opposé de ces considérations, le mot professionnel bénéficie parfois d’une aura de compétence quand le mot amateur risque d’induire des présupposés péjoratifs.

Mon propos n’est pas de dire qu’il est préférable d’être professionnel ou préférable d’être amateur. Il consiste à faire part de ma réflexion et de mon expérience dans le domaine puisque je suis moi-même un professionnel de l’aïkido depuis plus de trente ans. Dans un premier temps, je me bornerai à constater qu’heureusement, les deux conditions de professionnel et d’amateur cohabitent dans l’aïkido et qu’il n’y a pas besoin d’une réflexion très poussée pour comprendre qu’elles sont nécessaires l’une à l’autre.
Mais j’ai plaisir à tordre le cou à des lieux communs aussi éculés que ceux évoqués plus haut. Il existe des amateurismes qui sont du niveau de l’expertise et au contraire, des professionnels frisant la nullité absolue dans tous les domaines. L’honnêteté, la rectitude morale et l’intégrité ne se mesurent pas à l’aune du bénévolat qui peut parfois recouvrir des pratiques bien plus douteuses que l’exercice professionnel. Être professionnel ne fait pas automatiquement d’un homme un commerçant sans scrupule, motivé exclusivement par l’appât du gain, et il faut dire aussi que chacun d’entre nous a recours quotidiennement à des commerçants qui rendent des services précieux de manière très honnête. Ne nous laissons pas influencer par le caractère péjoratif que prend souvent le mot « commerçant » dans notre société. Je parle bien sûr de tous les métiers du monde et aussi de celui de professeur d’aïkido, et je veux dire que même si je considère que l’exercice de la profession d’enseignant d’aïkido ne peut en aucun cas être un commerce, cela ne signifie pas pour moi que le commerce est forcément soupçonnable de manque d’étique et d’intégrité. Il y a dans certains commerces du « donnant donnant » qui confine au « donner recevoir » dans le meilleur sens de l’expression, et il ne suffit pas à mes yeux d’être amateur ou bénévole pour infléchir cette relation en en faisant un « je donne sans rien attendre ». Il peut exister des modes de rémunération morale qui sont d’autant plus discutables qu’ils restent implicites, voire inconscients et qu’ils ont le travers de créer une dette inextinguible envers le prétendu donneur désintéressé. En ce qui concerne le métier d’enseignant d’aïkido cela me semble très préjudiciable pour les élèves. Toute relation doit être basée sur un équilibre, la pratique même le démontre, et la liberté est à ce prix. Ce n’est pas là une manière de jeter un doute sur l’intégrité de l’amateur mais bien de dire qu’il n’y a pas de lien direct entre amateurisme, professionnalisme et désintéressement.

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La corporation des psychanalystes a souligné le fait qu’il était absolument nécessaire pour l’analysant de se désendetter en payant sa consultation. Je ne fais pas d’amalgame entre ce métier et le notre mais j’évoque ce point car l’histoire de mon accès à la profession d’aïkidoka a été marquée par une réflexion de Kobayashi Sensei allant dans ce sens. Mais je vais prendre ce récit au début.

En 1977, j’étais très engagé dans ma pratique avec Kobayashi Hirokazu Sensei. Je le suivais dans ses stages en Europe, j’avais la chance d’être très souvent son uke et notre relation avait déjà évoluée depuis ses débuts en 1973. Je jouissais d’une réelle proximité et je voulais être un élève discipliné, attentif et se conformant aux enseignements de mon maître. J’avais une vision de sa maîtrise probablement naïve du haut de mes vingt ans et j’imaginais ce que devait être l’engagement d’un vrai élève à la promptitude avec laquelle j’appliquais sans discuter ce que lui n’avait qu’à peine suggéré. Lors d’un diner à La Colle sur Loup, il me posa cette question pour le moins étonnante : « Avez-vous l’intention de faire réellement de l’aïkido ? ». Je dois dire que j’avais l’impression d’entendre un reproche, moi qui faisait tout pour être présent à ses cours, pour agir en sa présence avec humilité, pour imaginer ses attentes et le servir quand je le pouvais. Je répondis immédiatement par l’affirmative et avec une certaine emphase. Et la réponse qu’il me fit alors sonna à l‘inverse de la question, comme une reconnaissance. « Pourquoi ne deviendriez-vous pas professionnel ? » Il n’y avait bien sûr dans ses pensées ni reproche ni reconnaissance en rapport avec ma compétence d’élève ou d’enseignant. Cela était le fruit de mon imagination toujours en mouvement activée par ma fièvre d’être un « enseignant d’aïkido » reconnu, et en particulier reconnu par la seule personne dont l’avis m’importait réellement, lui. Je rêvais depuis l’enfance d’être ce professionnel de l’aïkido. Je n’arrivais pas à m’imaginer faisant professionnellement autre chose et j’avais passé mon temps à me préparer à cela. Mais, c’était resté un rêve, et lui, en une fraction de seconde venait d’en faire une possibilité, il venait d’inscrire mon rêve dans le réel.

Ses paroles me firent l’effet qu’elles me faisaient toujours, elles me propulsèrent dans une nouvelle vie. Ce « je » que j’étais venait de changer de dimension. « Alors, lui me voyait comme je m’étais rêvé enfant, il voyait en moi un possible professeur d’aïkido ! »

Le lendemain, j’avais envoyé ma démission à l’éducation nationale. J’exerçais à cette époque le métier de professeur d’éducation physique dans un collège et je venais d’y mettre un terme. A dire vrai, j’ai dû par la suite y revenir car l’exercice de mon nouveau métier n’était pas une sinécure. Les premières années furent, je le dirai métaphoriquement, « de la survie » et j’ai repris après une année un demi-poste en lycée que j’ai abandonné définitivement deux ans après.
Quand j’annonçais ma décision autour de moi, dans et hors du milieu de l’aïkido, les réactions étaient les mêmes. L’on me voyait comme un idéaliste fou qui ne tarderait pas à se rendre compte que c’était impossible. Ma persistance, mon entêtement devrais-je dire, eut raison des objections et ceux-là mêmes qui élevaient des barrières théoriques à mon projet m’aidèrent ensuite. Les premières années, je vécus dans une vieille maison dans la campagne ardéchoise, sans chauffage et je me bornais la plupart du temps à manger du pain, seul aliment que je pouvais m’offrir. J’allais fréquemment donner mes cours à pied à Annonay (15 kilomètres aller et 15 retour) pour économiser le peu d’essence que j’avais pour aller enseigner à Lyon et chaque voyage avec ma vieille Simca 1100 break m’obligeait au démontage des bougies à mi-chemin, à l’aller comme au retour, pour essuyer l’excès d’huile qui remontait des cylindres. La segmentation était usée et je n’avais pas les moyens de la refaire. A cette époque, j’ai été aidé par différentes personnes que je dois remercier encore aujourd’hui. Un de mes élèves André Maccario et son épouse d’alors, Pascale, se rendaient en partie compte de ma situation matérielle et me conviaient à manger après chaque cours. Ils m’emmenaient en voiture quand ils avaient à faire le même trajet que moi pour aller au cours pour épargner mes finances et mon épave roulante. André Maccario veilla aussi à l’encaissement des cotisations dans les divers dojos. Mon exercice amateur qui avait précédé avait laissé des habitudes. Les élèves ne payaient pas régulièrement, certains même ne payaient pas du tout et comme je trainais au fond de ma conscience le sentiment de ne jamais donner assez, je laissais faire, je ne réclamais pas. Heureusement, il y mit bon ordre. Ensuite, d’autres évolutions eurent lieu. Je commençais à me rendre à l’étranger pour quelques stages, en Allemagne puis en Italie. Giampietro Savignago qui connaissait ma situation m’aida énormément en m’invitant quatre, cinq, six fois par an à diriger des stages chez lui. Il fut attentif, prévenant et généreux à mon égard, minimisant sa générosité en arguant le fait que lui avait un bon travail et qu’il pouvait le faire. Il m’ouvrit les portes de l’Italie et je lui dois en partie « d’avoir pu survivre à ma passion » à cette époque.
Indirectement, Sensei m’aida aussi en me mettant en avant, en me faisant tenir systématiquement le rôle d’uke partout ou nous allions. Bientôt, j’eus de nombreuses propositions de stages en Allemagne, en Suisse, en Italie et bien sûr, je développais mon groupe en France.

Je multipliais les dojo, et je travaillais constamment. Je donnais au moins trois cours tous les jours, plus quand j’étais à Lyon, ou j’enseignais aussi le matin à six heures et entre midi et quatorze heures. Mon credo était : La semaine, des cours, le plus possible et le week-end des stages. Quand mon emploi du temps fut si chargé que je ne pouvais plus rien y ajouter, un jour, lors d’un repas à la Vieille Auberge à Casteljaloux, Sensei me demanda de lui montrer mon planning. Il me dit que c’était trop et me proposa d’en enlever un peu. J’acquiesçai, bien que très inquiet à l’idée de voir mon travail et donc mes pauvres revenus diminuer. Il raya de mon programme plus de la moitié des stages. Je ne savais pas alors qu’il faisait ainsi de la place pour d’autres enseignants et qu’il m‘obligeait à travailler davantage au développement de mon groupe. Je sais aujourd’hui combien il eut raison et je ne peux que le remercier.

Mais à ce moment là, j’eus l’impression d’avoir à recommencer ce qui venait d’être fait à grand peine. Si je n’avais pas été dans une relation d’amour inconditionnel, je lui en aurais probablement voulu. Mais mon engagement était aussi excessif que mon caractère et je me ressaisi et trouvai une autre manière de travailler. C’est pourquoi, bien plus tard, quand les années de galère furent passées et que je commençai à gagner convenablement ma vie, je fus étonné d’entendre des gens, amateurs et le revendiquant, me dire : « Oui, pour toi c’était facile de suivre Maître Kobayashi, tu n’avais rien d’autre à faire puisque tu étais professionnel ». Le seul mot qui ne me serait jamais venu à l’esprit, c’était bien le mot « facile ». J’ai eu la sottise de répondre : « Pourquoi ne l’êtes-vous pas. Si c’est facile, faites le ». J’aurai probablement mieux fait de me taire. En effet, certains d’entre nous doivent être professionnels et d’autres ne le doivent pas. Ce n’est pas seulement une question de pouvoir. 

Aujourd’hui, je tiens à dire qu’il n’existe pas pour moi de plus beau métier que celui que j’exerce. Je l’ai rêvé enfant, je l’ai construit avec l’aide directe de certains de mes élèves et de mes amis, j’ai la chance de pouvoir travailler encore aujourd’hui entourés de ceux-ci et je constate que je peux exercer ce métier car la générosité n’est pas un vain mot. J’ai cité mon ami Giampietro et mon élève André Maccario mais je ne peux faire la liste des élèves et amis qui ont contribué au développement de mon travail et de notre groupe. En tout cas, si je n’avais pas entendu dans la bouche de Sensei que je le pouvais, je n’aurais probablement pas su que je le devais et notre groupe ne serait pas ce qu’il est.

Je tiens aussi à dire à ceux qui pensent devenir des professionnels de l’aïkido, à ceux qui entendent l’appel, que c’est possible, que cela nécessite un investissement de travail et de temps énorme. C’est dur mais merveilleux. J’avais fait à Sensei à sa demande deux promesses que j’ai tenues et que je tiens encore : la première était de ne jamais plus gagner ma vie en faisant autre chose que l’enseignement de l’aïkido. Il en est ainsi. Quand je donne des stages de formation pour les services du ministère de la justice, quand je fais des conférences, quand je participe à des colloques universitaires ou quand j’organise des manifestations culturelles, bien que tout ce que je fais soit en rapport avec l’aïkido, je le fais toujours bénévolement. Je refuse même systématiquement les remboursements de frais. Je gagne ma vie strictement et exclusivement en faisant des cours d’aïkido dans un dojo. 

Merci Sensei de m’avoir indiqué cette voie.

La seconde promesse est de ne jamais enseigner gratuitement. Sensei disait qu’il faut que les élèves paient pour apprendre, de telle sorte qu’ils puissent couper la relation quand ils veulent. « Ils ont payé donc ils ne doivent rien » insistait-il. Et il ajoutait : « Si vous ne pouvez pas voir partir n’importe lequel de vos élèves sans ressentir la moindre réticence, alors vous n’êtes pas capable d’enseigner ». La question de l’attachement sentimental à l’élève est vaste et même si je l’ai tranchée, je n’en parlerai pas ici. En tout cas, il ne pourrait pas exister pour moi de plus mauvaise raison de vouloir retenir des élèves que l’argent. Le fait d’être professionnel ne m’a jamais fait renoncer à dire ce que je pense, à faire ce que je juge juste. Je n’ai jamais accepté un stage pour des questions financières et j’ai tenu la promesse faite à Sensei, ce qui ne m’empêche pas d’agir en fonction d’une certaine idée de la justice. Quand j’enseigne dans un lieu où je sais qu’il y a suffisamment d’apport pour me payer, je demande un honoraire qui me permet d’aller ensuite enseigner dans les lieux où il n’y a pas du tout d’argent. Dans ces lieux là, je demande un montant symbolique afin de désendetter les élèves qui pratiquent à cette occasion. Cela conduit d’ailleurs à des situations amusantes que l’anecdote suivante peut illustrer. Je vais enseigner à Calcutta assez régulièrement car ils s’y trouvent des élèves très engagés, cela depuis une vingtaine d’années. Mon élève Pascal Mennesson est allé là-bas fréquemment pour y enseigner aussi. De même Paolo Salvadego et Walter Oelschläger. Chacun y va à ses frais, payant soi-même sur des fonds propres billet d’avion et hébergement. J’ai l’occasion ici de les remercier pour cela. Les élèves indiens paient en roupies indiennes environ l’équivalent de vingt euros pour la totalité du stage. Je ne parle pas là de la quotepart de chaque élève mais du montant du « contrat » à honorer par le groupe indien. Cette fabuleuse somme qui ne permettrait même pas de se rembourser l’autoroute pour aller à l’aéroport de départ pourrait tout simplement disparaître, sombrer dans l’oubli. Et bien non, elle voyage. Elle est précieuse parce qu’elle représente l’effort fait par le groupe indien pour payer l’enseignement. Elle est l’expression de leur dignité et de notre respect. Cet argent revenu d’Inde avec Paolo Salvadego y est reparti avec Walter Oelschläger l’an dernier qui me l’a rapporté à Bourg Argental pour que je puisse le donner à trois de nos disciples, David Péaud, Carlo Meda et Benoit Jolly qui allaient donner le stage à Calcutta cette année. Bien sûr, ceux-ci l’ont rapporté et il repartira en Inde bientôt avec la prochaine équipe. Le pécule en roupie augmentant chaque année de l’équivalent de vingt euros, j’ai calculé que nous pouvons espérer avoir les deux millions d’euros nécessaire à la construction d’un autre dojo dans dix mille ans. Mais bien avant cela, il y aura, il y a déjà, des dojo qui prospéreront partout en Inde et des milliers d’élèves là-bas et ici qui suivront l’exemple des hommes que je viens de citer et qui feront de l’argent ce qu’il doit être : un signe, le témoin de l’amour que tous ces hommes impliqués dans la voie se passent demain en main. Merci Sensei de m’avoir indiqué cette voie.

Donc, je reprends et je m’adresse à tous les pratiquants qui pensent à devenir professionnels. Quelque soit leur niveau, quelque soit leur style, et quelque soit leurs enseignants, je veux leur dire de ne pas renoncer. Il faut certes agir de manière plus raisonnée que je ne l’ai fait. Mais songez à ces promesses exigées de moi par Sensei. Ayez une éthique stricte, rigoureuse. L’enseignement est le seul but. Votre fidélité à votre maître et à votre école, comme la déontologie et l’éthique de l’aïkido passent avant toute considération financière. Votre liberté est l’essence même de l’enseignement que vous faites. De même votre parole. Ne les compromettez jamais pour de l’argent. Exercez votre métier dignement et faites payer votre travail. De la clarté du rapport que vous établirez avec l’argent dépend en partie la qualité de votre travail. Et probablement, si vous investissez toute votre énergie là, vous entendrez comme je l’entends actuellement des gens s’étonner de ce que vous en viviez décemment, de ce que vous puissiez faire construire un dojo pour vos élèves et de ce que vous pussiez consacrer la moitié de votre temps à donner des stages aux quatre coins de la planète avec un bénéfice matériel nul et un bénéfice moral immense. Et si ces gens là laissent entendre que vous pourriez avoir des attitudes commerciales dans votre enseignement dites leur simplement ceci : « Il y a des personnes qui mettent l’aïkido partout dans leur vie. Et il y a ceux qui mettent leur vie dans l’aïkido.» Pour ceux-là, l’aïkido ne bouge pas comme l’univers mais l’univers bouge comme l’aïkido. Mais professionnels et amateurs sont ensemble le yin et le yang de l’enseignement de l’aïkido.

Aujourd’hui, je n’ai pas besoin de courir pour développer l’aïkido et je n’ai nullement besoin de gagner mieux ma vie. Certains dans mon entourage familial me suggèrent que je pourrais travailler moins, prendre du repos. Je les remercie de se soucier de moi mais la voie ne m’a pas conduit là. Au contraire, quand je songe à ce que j’ai reçu de mon maître, de mes amis, de mes élèves, de la voie, je n’ai qu’un seul désir. Travailler davantage pour donner plus, non pas parce que je me sens éternellement redevable envers les autres mais parce que je le dois à mon maître, à sa mémoire, à notre fondateur Ueshiba Morihei, et à tous les acteurs de la voie, c‘est-à-dire tous ceux sans exception qui se sont lancés dans l’aventure de l’aïkido. Je pense aux générations à venir et je veux leur laisser un lieu dont ils seront fiers et qu’ils seront heureux de fréquenter, c’est pourquoi je dois consacrer mes forces à entretenir et améliorer notre dojo. Je veux leur laisser en héritage la noblesse de l’engagement de ces professeurs cités plus haut et de bien d’autres encore qui donnent tant à l’aïkido parce qu’ils sont amateurs au sens étymologique, ceux qui aiment. Ils ne prennent jamais rien pour eux, et ce qu’on leur donne, ils le redonnent. Mon maître était un professionnel de l’aïkido et je ne pouvais donc pas faire autrement. A présent, je traque dans ma vie les occupations, les objets les idées qui prennent de mon temps. Je veux que tout mon temps, toutes mes forces, toutes mes pensées sans exception soient dédiés à la voie. Je ne m’autorise plus de loisir si ce n’est écrire à propos de la voie. Ma conclusion sera expéditive : la voie qui consiste à professer l’aïkido est devenue la voie du bonheur pour moi.

Article paru dans AikidoJournal numéro 33 de janvier 2010

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